J'espère juste que la femme de ménage n'a pas eu d'arrêt cardiaque et qu'elle n'a pas porté plainte...
I love you. All of you.
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J'espère juste que la femme de ménage n'a pas eu d'arrêt cardiaque et qu'elle n'a pas porté plainte...
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Rédigé à 02h48 dans Photos | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Même s’il est tout nouveau, tout beau, le système me gonfle. Mon ordinateur aussi. Quand je monte dans le train pour Paris, je suis content à l’avance du papier que je vais écrire. Je l’écris. Et puis, bug, panne, reset de l’ordinateur : mon papier est perdu.
Il va donc me falloir faire la pire des choses : essayer de le réécrire. Exercice difficile car l’émotion n’est plus la même, les belles phrases se sont envolées – comme toujours, me direz-vous – et je ne sais plus par où commencer.
Saloperie de machine.
Michael Jackson est mort. Cinquante ans, crise cardiaque. Amen.
En 1983, date du célèbre et divin Thriller, les étudiants du Schiller International University – dont je faisais partie, excusez du peu – se déhanchaient sur Thriller quitte à refaire les même pas, se séduisaient sur Girl is mine, chanté en duo avec le grand Paul McCartney himself. Je dois à Michael Jackson et sa Billie Jean de me réveiller un matin de juin, à côté de la très jolie Monika, californienne que je chassais depuis deux semaines.
D’un autre côté, la diva – Michael, hein, pas Monika – était une grande fracassée de première, tout génie qu’elle fut. Elle couchait avec les lamas et aimait les enfants. A moins que ce ne soit l’inverse.
Michael Jackson est mort. CNN enchaîne édition spéciale sur édition spéciale, la presse people se désole. Barak Obama va rendre hommage au chanteur. Question de couleur oblige.
Le monde se mobilise pour une dernière prière.
Ce n’est pas justifié. Surtout pour Jill.
Tout le monde a oublié Jill. Sauf moi. C’était une très jolie fille, avec un sourire aussi beau qu’un coucher de soleil au bord de la plage et des cheveux blonds aussi longs que mon découvert.
Jill a longtemps travaillé pour un haut-parleur. Parole d’homme, je vous dis la vérité. Elle arrivait dans un joli bureau, avec ses deux collègues brunes – Enfin, plus des amies que des collègues – s’asseyait sur un joli canapé en souriant. Mon dieu, ce sourire. Là, les trois jolies filles disaient dans un bel ensemble : “- Bonjour, Charlie.” Le haut-parleur répondait toujours la même chose : “- Bonjour, les filles.”
Jill, c’est Farah Fawcett, une authentique bombes des années 70 qui vient de mourir à l’âge de 60 ans des suites d’un cancer. Personne n’en parle, ou alors, très peu.
Je n’étais pas un grand fan de Drôles de dames. Je trouvais cette série débile. Trois gonzesses qu’on ne voit jamais se battre, qui ne pleurent pas, arrêtent les plus grands meurtriers de la terre et surtout, qui n’ont jamais de jules, pardon, mais c’est pas pour moi. Pourtant, avec Farah, les choses étaient différentes. Je ne peux pas vous expliquer le comment du pourquoi, c’est comme ça. Farah était belle et en plus, el;e était belle.
Le top, c’est quand Farah épouse Lee Majors. Jill, super détective de Californie, épouse Steve Austin, l’homme qui vaut trois milliards de dollars en Californie. Oui, oui, je vous vois venir. Et vous avez raison : les héros des séries américaines ne travaillent qu’en Californie. Remarquez, je les comprends. Les filles y sont belles, le temps est plutôt sympa et la mer est chaude. Imaginez Drôles de Dames à Bobigny… Tout de suite, on atteint l’état de grâce et on dépasse Marie-Pervenche. Ce que j’aime chez nos amis les américains, c’est que selon eux, il y a une règle universelle.A savoir : les extra-terrestes n’envahiront jamais l’Afrique ou la Russie.
Donc, disais-je, Jill convole en juste noces avec Steve Austin. Pour le gosse que je suis (nous ne sommes pas loin de 1976), c’est du solide, c’est logique.
Le temps passe.
Farah quitte la série, son mari. Rencontre Ryan O’Neal, au sommet avec Barry Lindon. Ils s’aiment, se tapent et se quittent. Se retrouvent. S’aiment, se tapent et se quittent. Se retrouvent… Etc… Le couple fait un enfant, un garçon dont j’ai totalement oublié le nom et qui se retrouvera mêlé à des affaires de drogue et donc, très logiquement, fera plusieurs stages derrière les barreaux.
Farah n’a jamais été là au bon moment.
Un peu ce que je suis en train de vivre dans ce train qui m’emmène à plus de trois cent à l’heure vers Paris. Il y a derrière moi deux vieilles gougnasses qui parlent fort. Je connais leur vie. Je n’en peux plus. Le pire, c’est qu’elles ne devaient prendre le train que demain. Misère.
Farah n’a jamais fait les bons choix. Elle n’a tourné que dans un seul film, mais pas n’importe lequel. Un joli film de science fiction avec Michael York : Logan’s Run. La France préfèrera le titre : l’Age de Cristal.
Et puis, quelques téléfilms aux US, que nous verrons pas. Ou en cachette dans un network quelconque.
Farah n’a pas eu la vie de princesse que pourtant, elle fut un court moment. Deux maris jaloux et violents, une carrière fantôme. Le cancer la fait revenir sous les feux des projecteurs. Pendant un prime, elle raconte son combat, sa douleur et sa chute, allant même jusqu’à filmer son agonie. L’Amérique entière pleure en voyant sa drôle de dame tenter de survivre au crabe.
Si la vie de Farah ne fut qu’épreuves, pourquoi sa mort ne serait-elle pas son apogée et sa gloire ?
Malheureusement, un chanteur noir (ou blanc, c’est selon…) créateur des plus grands tubes de la pop de ces dernières vingt années, préférant les lamas à la compagnie des hommes et les enfants à la compagnie des femmes, en décida autrement.
Billie Jean et Michael Jackson m’ont fait comprendre que Monika ne m’était pas interdite. Et que par conséquent, sa beauté insolente de nos vingt ans ne m’était pas interdite.
Farah m’a fait comprendre que les très belles femmes ne sont pas hautaines, ni snobs et encore moins timides. Toute médailles ayant un revers, les belles femmes ont aussi leur talon d’Achille.
Elles sont fragiles.
I love you. All of you.
Rédigé à 18h09 dans C'est la vie..., Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Jeanne est née un quinze mars.
Je ne sais plus de quelle année. Je me demande même si je l’ai su un jour. Elle est née en Bourgogne et la famille de sa mère venait d’un bled charmant, avec des petites maisons en brique rouge, enfermées dans des beaux et grands jardins verts. Precy sous Dondin, si ma mémoire est bonne.
Pourtant, c’est à Grenoble qu’elle a passé l’essentiel de sa vie. Elle bossait comme secrétaire de rédaction - ou administrative, les versions différent – au Dauphiné Libéré, le journal de la région, puissant et bien implanté. C’est là qu’elle rencontrera Jacques, beau mec bien balancé et journaliste. Ils se marieront et Annie arrivera un jour d’août.
Un quinze, aussi.
Les amis de Jeanne l’appelaient Jean. Elle répondait le plus normalement du monde. Quand je lui ai demandé depuis combien de temps elle portait ce surnom, elle m’a répondu :
“- Je ne sais plus. Depuis tout le temps, je crois…”
Pendant la guerre, elle passait à vélo les barrages des fridolins, le panier rempli de messages pour les copains du Vercors. Peut-être sa manière d’aider Jacques, capturé et emprisonné dans un camp, quelque part, là-bas, en Allemagne. Jeanne était trop jeune pour prendre conscience de la fragilité de la vie dans cette période obscure. Elle posait son derrière sur son vélo et roulait dans les rues occupées de Grenoble. Jamais, les allemands ne lui demanderont d’ouvrir son panier.
Un jour, Valy, un autre beau mec d’origine indienne et meilleur ami de Jacques fait découvrir à ce dernier un coin de France sauvage, resté vierge de tout contact industriel. Jacques et Jeanne sont d’accords. Ils termineront leurs jours sur cette terre aride et tourmentée, loin de la ville et de ses contraintes.
Enfin, Jacques, surtout. Parce que Jeanne est comme toute les femmes : la campagne, c’est beau mais “- au bout d’un certain temps, je m’y emmerde…”
Rien ne vaut un bout de macadam, quelques magasins en soldes et des talons aiguilles pour marcher dessus. Principe de base pour une femme. Pour ne pas peiner son Jacques, Jeanne se partagera entre Grenoble et Maisonneuve.
Tous les êtres humains ont un pouvoir magique, ce truc de super-héros qu’il ne faut sortir qu’en cas d’extrême urgence. Celui de Jeanne était unique. Elle faisait la vaisselle, une cigarette collée aux lèvres. Pas une cigarette de fillette, un truc réservé aux soldats, aux types qui ne voulaient plus avoir de voix: une bonne Gauloise bien brune. Coincée entre les lèvres serrées, le mégot se consumait, laissant partir un petit filet de fumée bleuté qui glissait le long de sa joue avant de s’évanouir au plafond de la cuisine, non sans avoir frôlé l’œil.
Pas une larme, pas une quinte de toux. Rien. Jeanne essuyait sa vaisselle énergiquement. Quand les assiettes, couverts et autres verres étaient méthodiquement rangés, elle attrapait délicatement le peu de cigarette qui restait entre ses lèvres et l’éteignait.
Jeanne adorait jouer au Scrabble. Je devrais dire, Jeanne adorait gagner au Scrabble. Elle n’hésitait devant aucun coup bas ou entorse à la règle pour arriver à ses fins qui, donc, justifiaient tous les moyens. Jeanne n’inventait pas les mots. Elle avait beaucoup trop de connaissances intellectuelles pour s’abaisser à une telle chose. En revanche, elle possédait une technique imparable : Jeanne réservait les emplacements de ses mots à l’avance. Elle prévenait solennellement, le doigt pointé vers le haut, avec, dans les yeux, le regard de quelqu’un qui ne rigole pas en leur disant : “- On ne touche pas à cette place parce que je vais y caser mon W.” Ses adversaires se taisaient, obéissants. Ainsi, les won, wb, ko et autres tek, kit et yacht ont souvent vu le jour sur le plateau de Scrabble. Pourtant, le beau Jacques n’a pas su résisté à la divine tentation de placer son scrabble. Il a osa le faire sur la place réservée par Jeanne. “-Je t’avais prévenu, Jacques, hurla celle-ci. C’était MA place. Tu triches !”
Un cancer emporta le grand Jacques en 1986, laissant Jeanne seule et désemparée. Face à son destin et son arachnophobie. Elle bombardait tout ce qui se faisait de mieux en insecticides ou autres armes chimiques dans la moindre fente, coin et interstices de ses maisons. Jeanne allait même jusqu’à imaginer que les araignées s’introduisaient façon Ninja chez elle pendant la sieste.
Il y a trois jours, elle s’est éteinte dans son sommeil, au bout de quatre-vingt dix huit ans. Sans un bruit. Doucement. Comme sa voix.
Jeanne a été une merveilleuse grand-mère et j’espère que j’ai été le petit-fils qu’elle désirait. Sauvage et égoïste, séductrice et rebelle, elle aimait lire et boire un verre de Saint-Joseph.
Pour elle, une journée sans une bonne rigolade n’était pas une vraie journée. Pour moi, une vie sans ma grand-mère ne sera plus la même vie. Ainsi vont les choses…
I love you. All of you.
Rédigé à 16h37 dans C'est la vie..., Ma life | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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